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 Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]

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Chûnin de Suna
Genjirō
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MessageSujet: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Sam 25 Mar - 11:00

Genjirō  Feat L - Death Note

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Infos générales
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Nom : Haisui
Prénom(s) : Genjirō
Surnom : Droopy
Âge : 17 ans
Sexe : Homme blanc cisgenre ascendant bronzé

Village : Suna
Rang : Chûnin, Jinchuuriki de Shukaku
Clan : Haisui
Affinités : Sablejutsu
Spécialités : Jinchuuriki

Caractère

Genjiro était un enfant énergique, enjoué, curieux, de ceux qui parlaient et bougeaient beaucoup, sans jamais s'arrêter, sans jamais se dire qu'il vient de poser la question de trop, faire le pas qui le mènera vers un précipice. Petite silhouette acrobatique, frénétique, perdue soit au milieu du désert, soit sur les toits et ruelles de cette ville dans les sables. Jamais vraiment immobile, pris de tics lorsque la patience venait à se faire rare. Un calme gardé que lors de ces séances d'entraînement et sessions de dessin. Le dessin, oui, rare activité le laissant assis sur une chaise devant une table ayant un quelconque attrait à ses yeux.

C'était un enfant espiègle, goguenard, du genre à s'attirer la bienveillance de quelques adultes amusés comme les foudres d'autres moins portés sur la légèreté d'esprit. On pouvait aimer ou détester ce trait de caractère, mais difficilement l'ignorer. Pas avec une bête sociale comme cet enfant. Lui qui avait le contact facile, qui allait vers l'autre avec un naturel déconcertant. Révoltant, diront certains. Encore une fois, l'héritier Haisui partage, impose les opinons tranchés.

Mais il est des traits qui partagent moins. De très avérés défauts, d’incontestables qualités. Oui, l'enfant malgré tout sa bêtise était conscient du principe de responsabilité. Ne serait-ce que par son statut particulier. Ce qui le rendait assez téméraire pour défier les codes et conventions le rendait également assez courageux pour tenir face à l'adversité, compagne récurrente de tout ninja qui se respecte. Prompt à s'adapter, à apprendre, le jeune ne manquait pas de ressource, loin de là.Un petit homme plein de bonne volonté, malgré ses déboires, prêt à aider ses proches sans compter. Son amitié était une chose précieuse, ça pour sûr.

Tout comme son inimitié était chose à éviter. Léger, l'adolescent n'avait pas la rancune facile, toute fois, une fois éprouvée, elle s'accrochait avec force sur ce cœur enragé. Entier dans ses rapports avec le monde, il savait devenir insupportable à quiconque s'était réellement attiré son courroux. Il savait devenir dangereux, même. Toutefois, son naturel léger ne lui permettait peu ce genre de relation, pas sans que ce soit à sens unique, du moins. Nombreux sont ceux à l'avoir haït sans que lui n'ait quoi que ce soit à faire de ceux-là.

Ainsi, dans sa globalité, Genjiro était un enfant quelque peu turbulent, énergique, avec tout ce que ça a de bon comme de mauvais, franc, curieux – peut-être trop -, et somme toute relativement malin, d'un bon fond nuancé de quelques couleurs plus sombres. Mais ça, c'était avant. Depuis, Shukaku s'est invité dans la danse des couleurs, et la palette s'est assombrie un peu plus encore.

Le Démon lorsqu'il s'est invité a ramené avec lui irritabilité, haine et maladie. Ces trois-là ont tués ou affaibli les traits de caractère les plus innocents de l'enfant, pour le laisser ombre de lui-même. Le manque de sommeil a creusé des cernes sous ses yeux, puis des blancs dans son fil de pensée. Parfois, les conversations s'avèrent difficiles, ou lunaires. Trop occupé à ruminer ses propres pensées pour porter attention à la parole des autres. Parfois, l'irréel s'invite à sa perception. L'enfant Haisui ne dort pas, ou peu, et cette façon qu'il a de prolonger son temps d'éveil via l'héritage génétique du clan n'a que trop de ces effets secondaires indésirables. Ca pour la simple et bonne raison qu'il n'est pas pur sang, que le père biologique n'est pas Haisui. Alors la force des anciens Réceptacles Haisui lui fait défaut, au grand plaisir d'un Shukaku qui a remarqué pouvoir lutter plus efficacement contre ce nouvel hôte.

Alors le sommeil est rare, la fatigue constante. Parfois, des épisodes tout juste à la frontière de l'éveil et du sommeil, souvent ceux où les hallucinations entrent en jeu. Pas nécessairement négatives, contrairement à ce que l'on pourrait penser, bien que ce soit souvent le cas. La fatigue, l'expérience d'années passées à voir des liens se détériorer et des regards méfiants s'accumuler ont fait de Genjiro un enfant plus pragmatique. En tout cas un moment. A force de s'habituer, les traits de caractère auparavant étouffés par le Demon ont commencés à ressurgir. Alors on le reverra sourire, parfois sans que ce soit de la comédie. De plus en plus souvent, même. Il aura ces mots de trop, ces farces de mauvais goût et ces rires francs, ces inspirations plus optimistes. Oui, ça arrivera. Mais les rechutes guettent, à l'affût de la moindre remise en question craintive. S'engouffrer dans la faille, l'élargir, et faire de nouveau sombre  cet esprit dans des travers plus sombres.


Si l'on vous parle de Suna et ses différents clans, vous entendrez très certainement surtout parler du clan Shirogane. D'autres peuvent bien exister, ils n'ont pas la belle part, ni la visibilité des marionnettistes. Tout du moins était-ce là la version en vigueur il y a de cela quelques décennies, quelques siècles. Mais doucement, sûrement, un clan finit par se détacher. Le Clan Haisui.

Les gens ont parfois le luxe de l'oublier, lorsque cela fait longtemps que le Jinchuuriki maîtrise son Démon. Mais les plus anciens le savent. Ils craignent ce jour où l'actuel Réceptacle de Shukaku doit quitter ce monde, passer le flambeau. Alors lorsque Gaara s'en est allé, certains avaient oubliés.  Certains n'avaient même jamais connu. Cette terreur, ce danger qu'il pouvait être plus jeune, à l'époque où le démon contrôlait le jeune homme plutôt que l'inverse. Oubliés, ignorés, ces temps sombres. Sauf de certains. Une masse d'abord silencieuse, puis grondante, assez pour faire entendre son avertissement aux plus inconscients du danger.

Et pourtant. Lorsqu'il fallu trouver un nouvel hôte au Démon des Sables, ils se sont avancés. Grands anonymes, pas connu pour quelconque fait d'arme ni exploit. Pourtant se revendiquaient-ils clan ninja. Et pourquoi eux, se demandèrent-ils par paquets de dix dans la foule lorsque les premiers Haisui se manifestèrent. Pourquoi, oui. Une question légitime. Une question qui trouvera vite sa réponse.

La réponse à ce qui tend à ronger les Réceptacles de Shukaku, très vite, très violemment, plus que n'importe quel autre Bijuu. Le sommeil. Lui et tout ce qu'il implique de désastreux pour celui qui porte le monstre de sables en lui. Tenace créature retorse, qui tape, et tape, tape encore à la porte de l'esprit, qui invite à céder, à laisser la place. Qui se moque, se gausse et se réjouit d'avance : « Vas y, vas y, dors » qu'elle leur dit tous. Car lorsqu'ils dorment, lui peut se réveiller.

Mais les Haisui savaient manipuler les énergies du corps comme peu d'autres savaient le faire, avec une facilité déconcertante. Une facilité liée à leur lignée, à leur gênes. Une trait héréditaire dont l'utilité pourrait apparaître comme bénigne, s'il ne s'agissait pas d'Ichibi. Car ce qu'ils sont venus offrir ce jour-ci, les hommes et femmes de ce clan, c'est que l'un des leurs porte le Démon. Pour la simple et bonne raison que ces énergies volées à autrui, elles peuvent servir à cette si simple mais ô combien précieuse application dans le contexte présent : rendre le sommeil accessoire. Voler le temps de sommeil d'autrui, lui prendre de ce souffle de vie obtenu via le repos pour se l'approprier, et ne jamais sommeiller. Ne jamais laisser le contrôle à la terrible créature tapie dans les profondeurs. Telle était la promesse. Le pari.

Un pari tenté par les hautes autorités du village. Payant, diront les années. Les décennies, les siècles. Au fil des générations, le Réceptacle n'a jamais cessé d'être un Haisui, car les résultats ont tôt eu fait de parler d'eux-mêmes : ils étaient plus stables. Bien sûr, un Bijuu reste un Bijuu – celui-ci plus que n'importe quel autre -, et ils étaient craints, à juste titre. Bien sûr, il y eut des incidents. Mais tellement moins. Tellement que certaines générations ont eu la chance de ne rien connaître de l'ire du titan des sables. On les a mille fois béni pour leur intervention, au commencement. Puis à force, c'est devenu quelque chose qui s'entend, qui coule de source par le simple bon sens : Le Réceptacle sera un Haisui.

Et les ninjas spécialement formés à prévenir une crise du Jinchuuriki eurent peu à peu le luxe de se ramollir. D'être laxistes, trop. Les plus sages ont su bien vite que ce serait un jour la perte du village. Pauvres d'eux, personne ne les a écoutés pour empêcher cette naissance.

***

Deux-cent ans depuis la Grande Guerre. Plusieurs générations de Réceptacle Haisui, une mécanique bien huilée, habituelle, rassurante. Ainsi le porteur pouvait être une arme de dissuasion massive sans menacer d'exploser au cœur même du village. Ou au moins le risque était-il beaucoup plus bas. Et cela allait bien à tout le monde. Aux hautes sphères avides d'un Jinchuuriki malléable, docile, comme aux petites gens soucieuses de la plus simple problématique de leur sécurité. De fait, la structure interne du clan finit par être étroitement liée aux gens de pouvoir. Il était après tout important de s'assurer à ce que les futurs porteurs soient de talentueux jeunes gens disciplinés, n'est-ce pas ?

N'est-ce pas.

Mais un jour, cette mécanique selon laquelle le futur Réceptacle était choisi à la naissance  pour être formé et conditionné en ce sens finit par montrer ses failles. Sa Faille. Fine, improbable, mais si terrible si elle devait apparaître sur le si beau tableau du clan. Fêlure dramatique, peu redoutée, tant redoutable. Car personne n'y pense, hélas.

Personne n'y a pensé, à cette courageuse mère. Ses valeurs étaient nombreuses, grandes et incontestables. Valeureuse, mais humaine. Une femme avec ses défauts. Ses désirs. Ses fréquentations. Secrètes. Il y avait son homme, celui qui a son cœur, ses bonnes intentions et son amour. Son sang, également. Celui des Haisui. Puis il y en avait d'autres, qui avaient son corps, ses soupirs et son appétit. A à la finalité de tout ça, il y avait son miroir, qui montrait ce beau reflet, mais aussi cette teinte de culpabilité. C'aurait pu durer longtemps, c'aurait pu se finir sur la découverte du pot-aux-roses.

Mais le destin ne l'a pas entendu de cette oreille. Ni miséricordieux, ni indulgent, il a décidé de punir l'infidèle, et avec elle, tout un village. Avec elle, un fils. Un bambin né de l'adultère, une mère morte de l’accouchement. Un Châtiment double, car jamais le cadeau de la vie n'aura semblé tant empoisonné. Un doux poison, de ceux qui ne se détectent que lorsqu'il est trop tard.

Car il s'acharne, ce hasard, fourbe et destructeur. Il s'instille dans l'esprit des anciens du clan, pour leur susurrer la décision qui scellera tout. Une terrible bonne intention : celle d'honorer la mémoire d'une mère et membre de clan respectée en faisant de ce fils le futur Réceptacle d'Ichibi. Un hommage à la morte, un privilège à l'endeuillé. Ultimement, un désastre pour le concerné. Genjiro, promit à rappeler la morsure du sable dans le cœur d'un peuple qui l'a trop longtemps oubliée.

***

- Tu devrais prendre ça plus au sérieux, Genjiro. Lorsqu-
- Ouais, ouais, je saiiiis, quand papy Kotaro cassera sa pipe, faudra que j'prenne le relais avec le grand méchant Shukaku... Quoi, il est encore en forme l'ancêtre, non ?
- Ce n'est pas une raison pour négliger l'entraînement... Ne m'oblige pas à être plus stricte avec toi.
- Et alleeeez, c'est reparti...

Deux yeux couleur noisette qui roulent longuement, soupir à l'appui. Assis en tailleur au milieu de cette grande pièce quasi vide, sur un coussin, coude sur le genoux, une main sous le menton pour soutenir cette tête prête à tomber vers l'avant. Exaspération latente d'un gosse capricieux, énergique, trop pour ces choses qui requièrent calme et concentration. En face de lui, cet homme, ce père. Ce paternel trop laxiste, parce qu'il ne lui reste que ce fils unique. Parce qu'il a failli céder, lorsque sa femme est morte, si bien qu'aujourd'hui, seule ce têtu de fils lui permet de tenir la barre. Un fils qui fixe son père avec une moue boudeuse, regard emprunt d'un quelque chose mi-défiant mi-ennuyé. Claquement de langue, une pensée. Ca fait combien de temps au juste que tu dois être plus strict avec moi ? Longtemps, effectivement. Et certains du clan le lui ont déjà reproché. « Tu ne devrais pas être si permissif avec lui, Shiro ». Ue laxisme qui ne fera qu'aggraver les choses, plus tard.

- Cesse tes enfantillages et concentre-toi, veux-tu.
- Hmmm...

Et il s'y met - non sans toute la mauvaise foi du monde. Ferme les yeux, pose une main sur le torse de ce père. Deux minutes, deux sourcilles froncés, et avec le temps, un espèce de transfert d'énergie qui semble se faire, jusqu'à laisser l'adulte vidé d'une bonne partie de ses forces, puis l'enfant plus énergique encore qu'il ne l'est habituellement.

- Bon bon bon bon bon, j'peux aller voir Akiza et Arihiro maintenant, steuplai ? Dis-oui dis-oui dis-oui dis-oui dis-oui dis-oui dis-oui dis-oui d-
- Vas y, vas y...
- Merciiiiiiiiiiiiiii !

Se laisser tomber au sol, fléchir les jambes, contracter les bras, se relever en un saut carpé inutilement acrobatique et accourir jusqu'à la porte de sortie. Dévaler les couloirs, bousculer quelques autre membres du clan qui circulent et s'excuser en coup de vent. Sortir, vite, dépenser ce trop-plein d'énergie, tromper les longues heures d'ennui passées à s'entraîner à cet art trop statique à son goût. La seule autre activité de cet acabit qu'il tolère – et même apprécie – étant le dessin... Mais Il sait qu'il en a besoin, de cet entraînement, il n'y est pas mauvais, mais il a envie d'autre chose. Il est jeune, naïf et aventureux, d'une malice tantôt attendrissante, tantôt agaçante. Voilà ce qu'il est devenu, cet enfant né il y a de cela douze ans. Un futur réceptacle dont l'attitude volage est parfois vue d'un mauvais œil, mais tolérée, au moins jusqu'à un certain point. Parce qu'il a prouvé être capable de comprendre, être conscient du poids sur ses épaules, ce malgré les innombrables gamineries.

Ce malgré les fréquentations douteuses. Oui, il a tôt eu fait de préférer la vie mouvementée bien que dangereuse des bas-quartiers à l’oppression sociale des murs d'un fief proche du pouvoir, d'un clan Haisui qui aime à rappeler quotidiennement son devoir à un futur réceptacle. Loin d'eux, il est loin de ce jugement. Une fois enfoncé plus bas dans la ville, il n'est pas l'hôte à venir de Shukaku, il est un jeune impertinent parmi tant d'autres. Une liberté qui vaut bien le risque des quelques déboires occasionnelles, si vous lui demandez son avis.

Ces déboires, c'est le prix d'un semblant de liberté. De camaraderie, aussi. Il est sociable, ce petit homme, ce ninja de demain. Celui qui sourit tout le temps à l'académie, trop insouciant, trop désinvolte. Et le climat de méfiance souvent de mise avec les Jinchuuriki ne semble pas lui être accordé – quand bien même il ne l'est pas encore, le vieux Kotaro est également épargné. Bien au contraire, il lui est plutôt réservé une forme de respect tacite, celui obtenu des gens de ce village qui n'en a pas fini d'oublier à quel point Shukaku a teinté le sable de rouge par le passé.

Tant mieux pour lui, me direz-vous. Oui, Genjiro ne se prive pas de parler de tout à tout le monde, en tout circonstance, petite chose curieuse et hyperactive. Indisciplinée, également, capricieuse. Si bien qu'une amitié est très vite née avec Arihiro, un gosse de riche au tempérament encore un peu plus rebelle. D'innombrables pseudo-querelles, portées par tant de faux prétextes leur permettant de s'adonner à ce jeu de piques et farces puériles. Bien loin des éventuelles rivalités compétitives de nombreux autres, les deux garnements préfèrent s'envoyer vacheries et noms d'oiseaux à n'en plus compter, ça entre deux sales coups montées conjointement contre une tierce personne. Tout est bon pour rire, dans l'esprit de ces gamins.

Énergie, goût du jeu, du risque, inclinaison à aller vers son prochain, curiosité insatiable. En somme, rien pour désigner son futur fardeau. Les traits d'un gosse, sans plus. Tant de traits de caractère qui n'ont pu que le pousser à s'intéresser à Akiza lorsqu'elle s'est présentée au village - qu'elle s'y est faite remarquer, surtout. Amusé par sa maladresse sociale et sa soif de connaissances sur un monde qui lui semble étranger, Genjiro aura été parmi les premiers à faire l'effort du premier pas, peu importe les regards méfiants ou éventuels projectiles à éviter qu'il eu pu rencontrer sur le chemin. « Waaaaah, mais c'est trop classe les cheveux bleuuuus » furent ses premiers mots pour établir le contact. Curieux mots. Les siens, tout de même. Ceux d'après furent ceux d'un gosse qui explique le monde, sans même s'énerver de devoir décortiquer des principes élémentaires. Ca l'amusait. Ca l'amuse encore aujourd'hui, de parfois continuer à trouver des expression où elle ne lui accordera qu'un regard interrogateur. Là où lui sourira, voire rira, puis fera comme toutes les autres fois : expliquera avec un grand sourire.

Ces deux autres visages, il aura eu dans un premier temps l'occasion de les croiser à l'Académie, pour finalement les retrouver au sein de son équipe, supervisée par un certain Daiki. Jonin respecté, tant pour ses faits d'arme que pour sa rigueur. Et il fallait bien ça au moins, pour contenir la fine équipe. Une sauvageonne à peine sortie de son isolement, un futur Jinchuuriki déjà trop volage, et ce gosse de riche arrogant et farceur. Oui, sûrement l'idée avait-elle été de réunir quelques éléments perturbateurs sous la tutelle de cet enseignant plus stricte. Ce qui eut quelques résultats. En partie.

Au moins jusqu'à un certain point. Mais il y eu une nuit, et après celle-là, le grand plongeon dans les méandres d'un calvaire revenu d'entre les morts. Un contre lequel ni Daïki, ni personne ne pourrait réellement lutter.

Alors pour la dernière fois avant un long moment, à la conclusion d'une de ces missions rasantes de sauvetage de chat ou déblayage de cour, les deux comparses eurent droit à ce sourire enjoué lancé par un Genjiro toujours autant en forme malgré l'heure avancée d'une journée fatiguant. Éternel boule d'énergie. Une éternité assassinée à la faveur de cette nuit crépusculaire, appréhendée par l'enfant.

Ce soir, oui. Tous les préparatifs ont été agencés. Le Démon allait devoir passer d'une âme vieillissante, mourante, à celle de ce jeune homme confiant.

***

Brouillard. Obscurité. Flou imperceptible, et cet acouphène qui commence à me prendre l'oreille. C'est désagréable. C'est nouveau. Mais faut pas que je le montre. Faut que je comprenne. Pourquoi, pourquoi je baille ? Pourquoi j'suis fatigué ? J'ai envie de dormir...

- Genjiro ? Tu vas bien ?
- Hm ? … Oh, heu, oui, désolé, j'étais... Ailleurs.

Ailleurs, ouais. Fous-toi donc de la gueule du paternel, profite qu'il soit pas la plus grande lumière au monde. Tsh, nah, j'plaisante papa... Juste que... Heh, j'suis bien content que tu sois pas le plus empathe de tous, là maintenant. Parce que j'ai pas envie que tu comprennes. Pas avant que je comprenne moi-même.

Alors ouais, « ailleurs ». On va dire que ce regard dans le vide, c'est celui d'un grand rêveur. Ouais, ouais, ça fera l'affaire... Pour l'instant. Putain, pourquoi ça marche pas...

Des années que ça marche. Que ça fonctionne sans souci. Bordel, il m'a emmerdé le vieux avec ses heures d'entraînement. Encore, encore et encore. Je SAIS le faire, putain. Deux ans que je ne dors plus du tout pour m'y préparer. Deux ans, et toute une vie de préparation avant ça... Mais là j'ai...

*Envie de dormir ?*

Un poing se serre sur une table.
Casse-toi. Lâche moi la grappe.

*Tu céderas bien assez tôt, gamin, khéhéhé... Tes paupières ne sont-elles pas affreusement lourdes ?*

Un grognement étouffé, une grimace rageuse sur ce visage baissé.
Ferme ta gueule...

*Et quand tu fermeras les yeux, j'ouvrirai les miens, et...*

Un spasme, une colère qui monte, soudaine, sourde. Sévère. Un large mouvement du bras, un bol de nourriture échouant au sol. Un cri.
- FERME TA GUEULE !

Quoi. Quoi ? Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça ? Tsh, et il est là, le père. A me regarder péter un câble à table, les yeux ronds, sans comprendre. Espèce d'abruti... Tu m'lances ce regard qui pose des questions, comme si tu captais pas. A ton avis, qu'est-ce que ça peut être ?

- Qu'est-ce qu'il t'arrives Ge-TU SAIS TRES BIEN CE QU'IL M'ARRIVE.

Mais vas y, continue, CONTINUE de faire semblant de pas comprendre. Tu m'énerves. Réfléchis, à peine quelques jours que j'ai cette saloperie dans mon ventre, et j'commence à dérailler, à avoir des absences. A ton avis, j'ai quoi, hein ? HEIN ?!

… J'suis en train de...
Pourquoi j'me mets à voir flou... Nah, me dis pas que... Hmpf. Une main devant les yeux, vite. Faut pas qu'il voit ça. Il verra p'tet la grimace, mais pas les larmes. Pas question. J'me lève, je marche. Il se met devant. Il m'énerve.

- Pousse-toi.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive Genjiro... Regarde moi.
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que.
- … Ne fais pas l'enfant, s'il-te-plait, tu me fais peur avec tes réactions. Tu es malade ?
Malade... Tsh. Ecoeuré, peut-être. Malade de te voir à ce point sourd. Aveugle. Sourd au cri, aveugle aux pleurs. Quand j'me mets à chialer comme un gosse devant toi, quand je hurle ma haine à un truc invisible, et quand tout ça, ça a commencé que quelques semaines après la cérémonie, tu oses penser à un hasard ? Une maladie ? … C'est pire que ce que je pensais. T'as oublié. Et j'suis sûr que vous avez tous oubliés, vous autres. Vous autres qui allez croiser mon chemin.

Oublier ce que c'est, qu'un Jinchuuriki qui se contrôle pas. Parce que tu peux être sûr d'une chose : ce monstre, j'le contrôle pas une seconde. Et ça me bouffe. Lentement, sûrement. D'la même façon que le noir de ces cernes commence à bouffer la peau autour de mon œil.

***

Ca a effectivement continué.

Les gens ont continué de ne pas comprendre, de se demander ce qu'il peut bien lui arriver, à cet enfant.
Les cernes ont continuées de s'épaissir, de creuser, jour après jour.
Les crises ont poursuivies. Empirées. Multipliées.

Ca a commencé par de vagues moments hors du temps, à sembler regarder l'horizon. Puis ça a évolué En une perte progressive de cette joie de vivre caractéristique du jeune Haisui. De cette énergie, de cet entrain frénétique. L'énergie sans borne perd du terrain face à une nonchalance irritée, irritable. Irritante, aussi. Car le fardeau d'un hôte est également celui de son entourage, à moindre mesure. Le sourire disparaît pour laisse place à une moue devenue habituelle. Moue grimaçante, la grimace d'une gêne permanente. Celle de cette voix, bientôt, de ces voix. Parce que ce manque de sommeil, cette pression qui ne s'arrête pas, ils ne viennent pas seuls. L'éternelle remise en question, les débats internes. Les « pourquoi j'y arrive pas », ponctués par les railleries de Shukaku. Mais ce débat, il ne peut le mener qu'avec soi-même. Pourquoi ? Parce qu'il a peur, évidemment. Qui irait prêter oreille à un Réceptacle qui s'avoue et se montre si instable ? Déjà, les suspicions commencent, et il le sait. Et plus que tout, il ne veut pas leur donner raison, malgré qu'il les sache avérées. Il a peur, oui. Peur de la suite, des conséquences. Qu'est-ce qu'on faisait avant, des Jinchuuriki incapables de se contrôler ? Qu'est-ce qu'on leur ferait aujourd'hui... ?

Il a peur de choses plus triviales, aussi. Et pourtant ô combien importantes, si l'on y regarde bien. Peur de perdre un père, une famille, des amis. Voir des regards changer. Peur de voir la peur chez eux. Non, son fardeau, ce n'est pas celui d'un Réceptacle de naissance qui peine à se faire accepter. C'est celui d'un Réceptacle tout frais de ce nouveau statut qui craint de se faire rejeter. Qui appréhende, et n'arrive à penser qu'au passé puis au futur, pour être au présent cet enfant dans la lune. Le passé, sa sagesse oubliée, ses histoires perdues sur les porteurs d'avant le Clan Haisui. Le futur, cet espèce d'horizon d'Abysse, grande nappe de néant dont n'émane rien de bon. Il ne peut connaître l'avenir, ce gamin, que le deviner. Et les rares pensées qu'il tourne vers l'après ne parviennent pas à se débarrasser de cette terreur qui a vite commencée à lui tirailler le cœur.

Puis rien ne vient vraiment rassurer l'Haisui. Parce que les siens aussi ont besoin d'être rassurés, alors ils ne peuvent venir le consoler. Plutôt, ils accourent le questionner, tenter de percer le mystère de l'Haisui qui ne parvient pas à envoyer paître le besoin de sommeil. Et elles pleuvent, les théories, ils se multiplient, les tests. A la manière des cheveux blancs d'inquiétude d'un père angoissé. Peut-être le seul à supporter les accès de colère les plus violents. Parce qu'il y tient, à ce fils. Ce seul fils, ce seul lien à Elle.

Mais là aussi, le Destin dévoile une autre de ces marches vers la descente aux enfers. Une marche nommée infidélité. Un adultère dévoilé que des années plus tard, et son fruit largement consommé, longtemps adoré. Fruit pourrit, fils bâtard. Tant de patience, tant de soins, d'affection, tout réservé à cet enfant. Oh, même ce grand laxiste de père Shiro ne pouvait qu'avoir une réaction extrême face à la nouvelle. Extrême tristesse, colère, qu'importe. Sûrement un peu des deux.

Sûrement, oui, pour qu'il aille frapper ce gosse sans pour autant retenir ces larmes d'homme ruiné sur son visage. Une nuit de silence, perturbée par le bruit sourd d'un coup derrière le crâne juvénile d'un Genjiro somnolant. Et les cris. Ceux d'un homme, furieux, larmoyant, détruit. Ceux d'un enfant, geignard, plaintif, et bientôt lui aussi, larmoyant. Mais ça évolue. Ca change.

Pour devenir ceux d'un monstre, guttural, puissant, inhumain.

***

Cette nuit, ce fut la première. Celle qui a rameuté de nombreux ninjas, tous plus inaptes à endiguer la menace les uns et les autres. Jusqu'à ce qu'il arrive, Daiki. Car si elle s'était amoindrie, la vigilance maintenue autour du Jinchuuriki avait tout de même perdurée au fil des âges. Ainsi, les Senseï de ces hôtes dangereux étaient toujours parmi les meilleurs, formés pour prévenir à ces éventuelles crises. Mais le mal est fait. Suna paie ces décennies passées à fermer les yeux sur le problème du Bijuu, faussement résolu par un clan trop sûr de son infaillibilité.

Cette nuit, ce fut la première vraie crise Genjiro. De Shukaku ? D'un peu des deux, là encore. Personne n'aurait su vraiment dire si ces grondements étaient poussés par une voie d'adolescent ou par un Démon. Ce qui était clairement audible, pourtant, c'était la détresse dans le ton. Par moments, les hurlements de rage frénétique muaient en une plainte hurlée à la lune. Sûrement que de voir ce seul soutien restant céder lui aussi à la colère a été le coup de trop, pour Genjiro. Il n'est pas mort, ce père. Blessé, gravement, ça pour sûr. Mais il vit. Et il s'en veut, cloué dans sa couche. Ce n'est pas la peur qui a prédominée face à cette silhouette monstrueuse. C'est la honte.

L'un a quitté cette expérience avec des os brisés et des remords silencieux, l'autre avec un esprit ruiné et des terreurs renforcées. C'est arrivé, concrètement, sans demi-mesure, cet événement qu'il a tant redouté : la perte de contrôle. Pas totale, mais assez destructrice pour que le garçon en vienne à ressentir de la frayeur face à son propre reflet. De la honte, lui aussi ? Non... Non, c'est bien une colère de fils qui a guidé son poing vers ce père. Pas celle d'un quelconque Démon. Il ne comptait pas subir pour les frivolités d'une mère jamais connue, non. Si bien qu'une haine se développe, peu à peu. Amère bile de fiel envers cette femme qui l'a condamnée à... « tout ça », par ses désirs charnels pleins de vanité. Oui, le hasard n'a pas été flatteur, oui, peut-être cherche-t-il un bouc émissaire, cet Haisui perdu. Peut-être. Certainement. La haine n'ira pas dégonfler pour autant.

Encore moins lorsque les dos commenceront à se tourner les uns après les autres. Un clan qui a d'abord cherché des solutions, puis qui a fini par se désolidariser. « C'est un bâtard, on ne peut rien faire ». Le Sang Haisui ne coule que de moitié dans ces veines, alors le Démon peut lutter bien plus efficacement contre leurs arcanes. Il draine l'énergie plus vite que le Réceptacle ne la récupère, alors le sommeil opère. La fatigue point, harcèle, presque surnaturelle. Car cette façon qu'a Genjiro de tout de même rester éveillé malgré le poids de ses paupières n'a rien de naturelle. D'où ces absences, ces presque paralysies du sommeil conscientes. Deux monde, le réel, puis celui de ses rêves. Ils se superposent, se confondent. Alors il parle avec ce qui n'existe pas. Esquive l'imaginaire, attaque l'irréel. Parfois, c'est comique. Souvent, c'est pitoyable. Très souvent, c'est dangereux.

Dangereux, instable, morne et colérique. Fatalement, d'autre vestes se sont retournées. Les plus proches des proches qui commencent par changer leur regard, puis finalement le détourner. Un Senseï qui fixe plus comme un danger à prévenir que comme un élève à instruire. Une amie d'enfance qui ne rit plus, qui reste loin, méfiante. Sûrement la perte la plus regrettée. Ruminée, enragée. Ne reste que cet empoté d'Arihiro, plein de bonne volonté. D'angoisse, aussi, mais il prend sur lui, passe par-dessus, par amitié. Par identification, aussi. Lui sait ce que c'est, d'être seul contre tous. Lui, le fils de riche famille qui a décidé de mépriser ce monde pour préférer celui des ruelles et faciès patibulaires. C'est pour ça qu'il est resté, avec ses consolations maladroites, ses encouragements patauds. Mais présents. C'était le sourire quotidien de Genjiro. Peut-être le seul, arrivé un stade.

Enfoncé dans le morne, au point d'à peine lever les yeux, lorsque l'attaque est tombée sur Suna. Celui qui aurait jadis laissé vagabonder ses oreilles, curieux des potins, des raisons et conséquences de cet assaut, il est là, dans sa chambre, amorphe, ahuri. Il les a entendu dans la nuit, ces bruits de violence. Sans sourciller, sans s'en soucier. L'orchestre de ses songes était plus prenant. Et lui qui avec le temps a finit par apprendre à faire la différence entre ce qui tient de l'hallucination et le réel, il a préféré accorder son attention à l'illusoire, ce soir-ci. Parce qu'il rêvait. Un rêve heureux, et ceux-là sont rares. Cet oasis, plutôt que ce que le monde a à offrir dehors. Oui, le choix a vite été fait.

***

Après l'attaque, le Village du Sable a finit par prendre l'exemple de son Jinchuuriki en se refermant sur lui-même, craintif des menaces extérieures, suspicieux des dangers en son sein. Genjiro interroge ses démons, Suna ses marchands. Un cœur s'est fermé chez un adolescent, des frontières se sont closes dans un village. Pourtant, le temps commence à faire mentir cette réalité. C'est lent, horriblement fastidieux, mais la maîtrise de soi – à défaut de maîtriser le démon – commence à doucement revenir. Moins de crises, moins de virulence. Un retour de ces sourires et plaisanteries légères, de cette attitude je-m’en-foutiste. Une amélioration motivée par un simple constat : Tomber plus bas, c'est ne plus jamais ressortir du gouffre. Alors plutôt que de franchir le point de non-retour, l'Haisui a décidé de fournir un autre effort. De museler ces rages enfouies, d'aller chercher par le col cette ancienne nature enjouée qu'on lui a volé jadis. Il sort de sa carapace, oui, mais pas sans cicatrices. Une marque visible, une haine qui ne demande qu'à resurgir au coin d'un rictus, pour l'arracher, le transformer en une grimace bestiale. Ces gens avec qui il commence à timidement renouer des liens, combien leur en faudra-t-il pour de nouveau le laisser à ses tourments ? Il avait peur de perdre ses proches. Maintenant il a peur de leur donner une seconde chance. Même s'il en a envie, même s'il le fait. Il ne sait pas s'il saura se contenir à la prochaine trahison.

Alors le village continue d'imiter l'enfant. Il lui donne une seconde chance, mais le surveille de prés. Il le chérit comme il le craint. Des proches heureux de retrouver l'enfant joyeux, tout en portant l'appréhension d'un retour du Démon. Des militaires satisfait de pouvoir garder cette arme puissante entre leurs mains, non sans redouter l'expectative de la voir leur exploser au visage.

Sur une corde raide, Genjiro continue son chemin, passe son examen. Lui et ses équipiers, devenus Chunins, et une suite qui se profile à l'horizon. Perçue au travers de ces yeux toujours pleins de cernes, mais relativisé par le retour de ce sourire aux lèvres. Et la voix s'élève, réinvestie de cette intonation espiègle.

- Tu penses que j'ai moyen de boucher la piscine du vieux couple Sakae avec autant de sable ?
- Hm, sûrement. Ce serait pas sympa pour eux, par contre.
- J'suis pas là pour être sympa, j'suis un taiiiiiiribl daimon, tu te souviens ?
- Tête de con. 'M'étonne pas qu'on soit potes, tiens.

Ce jour-ci, une piscine fut bouchée, sous les rires de deux adolescents tous juste passés chunin, un peu puérils. Ca faisait longtemps, n'empêche...


Test RP

Sables mouvants.

Non, pas ceux là. Pas ceux qui vous attrappent les chevilles pour vous emener sous terre, en une ultime dernière étreinte mortelle. Nah, rien de tout ça. Formes de sable, des visages et des corps qui bougent dans l'espace. Dans cette grande salle de méditation, seul, tranquille, sans personne pour m'emmerder.

Et le sable partout autour qui bouge,  se forme, tantôt solide, tantôt granuleux. De petits grains de terre qui deviennent le reflet de quelques souvenirs nostalgiques. Tsh, encore d'humeur à ressasser le passé, hein ? Va falloir que j'me débarrasse de cette sale habitude. Mais pas maintenant.

Maintenant, les souvenirs. J'm'en rappelle bien, ouais...

L'Académie. J'suis là, haut comme trois pommes, morve au nez, étoiles dans les yeux. Sûr que ça impressionne quand t'es jeune, tout ça. Et on te parle de Ninjutsu, Trucjutsu, de NINDO.... Nindo... Tsh. C'est ça, amusez vous avec vos grandes résolutions du nouvel an, si vous voulez. Moi je viens pour souffler du feu par les trous de nez et péter plus haut que mon cul. Littéralement.

Pour ça, et aussi parce que j'ai pas tant le choix que ça. 'Voyez, quand on vous prédestine à porter un monstre de sable dans l'estomac, curieusement... Enfin bref.De toute façon j'suis à l'époque trop jeune pour avoir tout ça en tête. On me parle de ninja, de pouvoirs, de gloire. On me parle aussi de responsabilités, mais j'ai que deux yeux pour briller : un qui brille à l'idée de la gloire, l'autre à celle du pouvoir. Je laisse au sens des responsabilités le loisir de se heurter sur mon front à répétition pour tenter de m'rentrer dans la tête à la longue. Ca viendra, plus tard. Mais pas si jeune.

Non, si jeune, je voulais apprendre. La vie, les gens, le monde. Comment ça, curieux ? Bien sûr, curieux. Curieux de ce grand bâtiment, de ces salles, de ces professeurs pleins de mots compliqués, de signes de mains bizarres. Envie de tout connaître. Ces autres gamins, aussi.

Je me rappelle des jours d'après. Des rapprochements. Arihiro et nos sales coups. Soit alliés à manigancer une connerie, soit occupés à s'faire des crasses l'un à l'autre. L'un pour toujours donner la réplique à l'autre. Et entre deux âneries, des doutes partagés. Ceux d'un gosse duquel on attend de lui à ce qu'il finisse par un jour porter un Démon en lui, ceux d'un enfant condamné au carcan strict et impitoyable d'une riche famille où tout passe par l'image, les faux semblants et l'hypocrisie la plus abjecte même entre proches. Tsh. J'm'en rappelle, oui. D'Akiza, aussi. Un peu plus vieille, un peu plus mature, peut-être. Mais terriblement moins... J'sais pas. Ailleurs, tout le temps. A poser ses questions bizarres, à se pavaner avec ses cheveux bleus... Ca me faisait rire, moi. L'impression d'apprendre le monde à une ainée, ça avait quelque chose de grisant. Puis, une fois qu'on se met à la connaître, la farouche sauvageonne du désert est pas si méchante qu'elle en a l'air... Méfiante, ouais. Mais je lui reprocherai pas. Pas aujourd'hui.

Ou alors au contraire, je le lui reprocherai plus que tout aujourd'hui...

Un bris. Dans le souvenir, dans la trame. Sur la statue de sable qui représente Akiza. Félure, au niveau du cœur. Un œil ouvert pour constater. Vite refermé, en même temps que les sourcils se froncent.

Arihiro aussi, était méfiant par moments. Rarement, ceci dit. Téméraire, peut-être trop. Sûrement pour ça qu'il m'a soutenu jusqu'au bout. Ou presque. Je le connais, il ne recule que quand il pense sa vie en danger.

Alors pourquoi il a reculé la dernière fois quand j'ai...

Second bris. Tsh... J'ai même pas besoin d'ouvrir un œil pour en deviner la provenance. La cause. Ca m'énerve. Doucement mais sûrement. Alors j'entends les craquelures, tout autour. Plus discrètes.

Puis Daiki. Daiki Senseï, comme il conviendrait de l'appeler. Un modèle, longtemps. Celui qui arrivait à gérer la joyeuse troupe de turbulents, le trio infernal. Sûrement le seul à y parvenir, à vrai dire. Patient, oui, je ne peux pas le lui enlever. Ce serait de mauvais goût. Très puissant, aussi. Ca, je le sais à mes dépends. J'ai rarement été autant soulagé qu'en apprenant qu'il avait su me maîtriser, le soir de la première... Non, n'y pense pas. Tu ne veux pas que le sable se brise pour de bon, n'est-ce pas? Non, je ne veux pas. Oui, Daiki ne manque pas de qualités. Un bon professeur, aussi. Pourtant, depuis cette nuit, il y a son regard. Je ne me sens plus observé comme un élève. Mais comme un poids. Bris. Un danger. Bris. Une chose à vite éradiquer si un jour elle devait perdre de nouveau le contrôle. Fracas Un sale chien à abattre s'il aboie trop fort. Éboulement.

Comme une bête dangereuse.

Le bruit d'une porte qui s'ouvre, celle dans mon dos, en même temps que la trame de sable s'écroule tout autour de moi. J'ouvre les yeux, mains tremblantes sur les genoux.

- Genjiro... ?

Tout autour, la reproduction entièrement faite de sable de cette salle de cours de l'académie tant chérie dans mes souvenirs, à doucement s'écrouler. Des fracas, un regard que je sens pesant dans mon dos. Impressionné, peut-être. J'en sais rien, j'm'en fous. C'est sa voix. A lui, le chasseur de bêtes. « Senseï ».

- Qu'est-ce que...

Ca continue de s'écrouler, tandis que je me lève. Les bancs, les tables et tableau. Je m'avance vers lui, en même temps que les formes redeviennent cette mer de sable inerte présente partout dans la salle. Ne reste qu'un groupe de silhouettes qui dure un peu plus longtemps, dans mon dos.

***

Dans le dos de l'adolescent, les membres de cette équipe, tous avec un grand sourire sur leur visage radieux, bras dessus bras dessous. Chaque statue avec cette faille au niveau du cœur, qui s'étend, encore, encore et encore. Sauf celle de Genjiro, qui reste plus profonde, mais fixe. Lorsque les crevasses finissent par toutes se rejoindre, les visages commencent par s'affaisser, et avec eux, les sourires se transforment en grimace de dégoût, peur ou rejet. Et ça finit par tomber, pour ne laisser que la statue du jeune Jinchuuriki, seule debout dans cette étendue de sable. Unique changement, ce sourire qui a disparu, au même moment où un faux sourire de politesse s'inscrit péniblement sur les traits fatigués de l'enfant arrivé devant son maître.

- Vous vouliez me voir, Daiki Senseï ?
- Je...

Il doute. Voilà ce qui lui arrive, à cet homme. Il n'est pas sûr de ce qu'il vient de voir, dans cette fugace scène de sable tout juste tombée au moment même de son entrée. Mais ce qu'il a cru voir semble l'avoir touché. Hélas, Genjiro est trop aveugle de bien des sentiments négatifs pour s'en rendre compte.

- Oui ?
- Hrm. Tu es prêt pour la mission de ce soir, Genjiro ?
- Je suis prêt. Nous y allons ?
- Oui. Tu es sûr que tu vas b-Je vais bien, Daiki Sensei.

Et de passer devant, sans prêter attention à cette voix qui lui hurle de sauter sur l'homme, entendue que de lui. Aujourd'hui, Genjiro n'est pas au meilleur de sa stabilité. Ni de sa forme. Il s'est perdu dans ces songes amères, ceux d'un passé qu'il aimerait connaître de nouveau. Ces dans ces jours-ci, qu'il se traîne nonchalamment jusqu'au reste de son équipe, avec ce faux-sourire rassurant sur son visage, les yeux en amande, la voix mielleuse. A cacher ses doutes, ses colères. Ces visions qu'il a parfois. C'est maladroit, c'est fait dans un entrain discutable. Ils savent, ceux autour, lorsqu'il adopte ce ton mécanique couplé à ce rictus forcé, que quelque chose ne va pas au fond. Mais sûrement est-ce mieux, de mettre ça derrière une façade pleine de fissures.

Demain sera peut-être un meilleur jour, un où le bien-être n'aura pas à être simulé.

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Prénom/Surnom : Nico
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Comment avez-vous découvert KnS : par de la pub infâme et éhontée, bien entendu.
Qu'en pensez-vous : Sysco intéressant °° Kwa, comment ça on me voit arriver de loin ?
Suggestions : Meh



Dernière édition par Genjirō le Ven 7 Avr - 11:24, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Ven 31 Mar - 14:06
Où ça en est ici ?
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MessageSujet: Re: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Ven 31 Mar - 15:15
Ca avance o/ Doucement, mais ça avance.


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MessageSujet: Re: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Jeu 6 Avr - 12:03
Deuxième rappel, du nouveau ?
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MessageSujet: Re: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Ven 7 Avr - 0:52
Finie ! Doit rester deux-trois fautes qui traînent, désolé s'il en reste en fait plus de deux ou trois, milzekskuz, même. °°


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MessageSujet: Re: Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]   Sam 8 Avr - 20:06



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« Le Fond » 10/12

L'originalité 2/3
La cohérence du récit 3/3
La narration 3/3
L'avis personnel 2/3

« La Forme »12/12

Le vocabulaire 3/3
La syntaxe 3/3
L'orthographe 3/3
La conjugaison 3/3

« La longueur » 5/5

« L'avis personnel » 4/5

« Le Bilan » 31/34

« C'est de très loin la meilleure présentation que j'ai eu à noter jusque là. C'est aussi la première que j'ai non pas objectivement mais purement subjectivement aimé. J'irai donc vite, mes avis fleuves ont vocation à justifier une note moyenne mais dans ton cas, il y a peu de points négatifs à soulever. Je me permets de rendre hommage à ton traitement du concept de Démon, excellent. Parmi mes reproches, tu forces trop les "concepts" de caractère dans la partie personnalité. Tes dialogues sont souvent plutôt nuls parce que tu as pas encore assimilé que pour amener un registre familier, il faut être plus percussif, développer quelque chose entre l'aphorisme et la punchline. Mais au fond c'est du détail, déjà parce qu'on est pas loin de la perfection même dans cette partie là, mais surtout parce que le reste est excellent. L'évolution psychologique, la gestion des registres de langage, c'est pour moi l'une des meilleures présentations écrites sur ce forum depuis son ouverture il y a à peine un mois. Bien entendu, tu obtiens le Tanuki. Je souligne quand même la génialité du pouvoir de ton clan et son lien à Shukaku, penser à une alternative au Jinton et créer une cohérence sur le thème du sommeil, les twists psychologiques que ça peut engendrer, c'est génial, vraiment.

Je suis super enthousiaste de cette présentation, bref...

Bravo, tu es dès à présent validé au rang de Chunin de Suna avec 1085+50=1135 points RPG, les choses sérieuses vont pouvoir commencer.

Pour commencer, nous te conseillons de consulter le catalogue de jutsus. Lorsque tu auras fais ton choix, envoies la liste des techniques que tu souhaites prendre au staff par le biais du sujet de demandes au staff. Si tu le souhaites, tu peux aussi consulter le sujet d'aide à la création des techniques pour avoir tes propres jutsus. Quand tu seras prêt, poste ta Fiche Technique dans la partie réservée à ton groupe : un membre du staff passera pour t'indiquer les corrections éventuelles à faire et la validera. »

 
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Genjirō - The Sandman of your Dreams [Terminée]

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